La mort du Prince impérial

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La mort du Prince impérial.

© Photo RMN-Grand Palais - J. Hutin

Date de publication : mai 2005

Contexte historique

Depuis 1874, date de son accession à la majorité, le prince impérial était le prétendant légitime à la succession de Napoléon III. Dès lors, le prince impérial acquit la certitude que la restauration de l’empire par les voies parlementaires était compromise.

Dans son exil anglais, il rongeait son frein et l’inaction lui pesait. C’est au cours de l’une de ces missions qu’il trouva la mort, le 1er juin 1879, dans une embuscade tendue par les Zoulous.

Analyse des images

Le 1er juin 1879, vers quatre heures de l’après-midi, le prince impérial et son escorte anglaise furent surpris au cours d’une halte par une quarantaine de Zoulous. Deux soldats anglais furent tués et les autres prirent la fuite, tandis que le prince tentait vainement de monter sur son cheval lancé dans une course affolée. La selle qu’il conservait pour des raisons sentimentales – elle avait appartenu à son père Napoléon III – était usagée : la courroie se rompit, le cavalier tomba, et sa monture poursuivit sa folle équipée. Le prince impérial se trouva alors seul face à une horde de Zoulous menaçants.

C’est ce moment précis que le peintre a choisi d’immortaliser sur sa toile. L’on aperçoit au loin les Anglais qui s’enfuient et le cheval qui galope. Le prince impérial se défend courageusement. Il a perdu son sabre et pointe son revolver dans la direction de quatre Zoulous, dont la représentation est caractéristique de l’image de l’« indigène » diffusée en ces temps de reprise de l’expansion coloniale. Il tirera par trois fois mais finira par s’écrouler, percé de dix-sept coups de sagaie, tous reçus par devant. Le prince mort, les Zoulous dépouilleront son corps de ses vêtements, ne lui laissant que le médaillon d’or qu’il portait au cou et qui contenait le portrait de l’impératrice Eugénie.

Interprétation

Le 11 juillet 1879, la dépouille mortelle du prince impérial fut ramenée en Angleterre. D’imposantes funérailles furent célébrées à Chislehurst, en présence de la reine Victoria et de la famille royale britannique.

Le prince repose aujourd’hui à l’abbaye de Farnborough, auprès de ses parents, l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie, morte à Madrid en 1920. C’est l’impératrice elle-même qui fit édifier son monument funéraire, réalisé par l’architecte Gabriel Destailleur de 1883 à 1888. Cette sépulture n’est que partiellement conforme aux dernières volontés du prince impérial, exprimées dans le testament qu’il rédigea le 26 février 1879, avant de s’embarquer pour l’Afrique du Sud : « Je désire que mon corps soit déposé auprès de celui de mon père, en attendant qu’on les transporte tous deux là où repose le fondateur de notre Maison, au milieu de ce peuple français que nous avons, comme lui, bien aimé. » Aujourd’hui encore, le transfert des cendres de la famille impériale sous la coupole des Invalides n’est toujours pas à l’ordre du jour.

La mort du prince impérial fut héroïque, mais vaine : elle sonna le glas d’une possible restauration de l’empire. Dans son testament, Louis avait désigné son cousin le prince Victor, petit-fils de Jérôme, roi de Westphalie et frère de Napoléon Ier, pour lui succéder dans le rôle de prétendant au trône impérial, mais le bonapartisme ne devait pas se relever en tant que puissance politique. Pour les républicains, le prince impérial était excessivement gênant. Sa mort providentielle élimina le péril bonapartiste. Débarrassée du comte de Chambord, débarrassée du dernier des Bonaparte, la République avait désormais les coudées franches et demeurait seule maîtresse de la France.

  • dynastie impériale
  • Prince impérial

Bibliographie

André CASTELOT, Alain DECAUX et le général KOENIG, Le Livre de la Famille impériale - L’histoire de la famille Bonaparte à travers les collections du Prince Napoléon, Paris, Librairie académique Perrin, 1969.Catalogue de l’exposition Le Prince impérial, 1856-1879, Paris, Musée de la Légion d’honneur, 1979-1980.

Pour citer cet article

Alain GALOIN, « La mort du Prince impérial »


Video: La mort du chevalier Roland - La Petite Histoire - TVL


Commentaires:

  1. Gregorio

    Félicitations, une idée brillante et opportune

  2. Farr

    Drôle comme l'enfer. Ou, j'ai peur, ce n'est pas drôle, mais effrayant.

  3. Dora

    Je pense que vous n'avez pas raison. Je peux défendre la position. Écrivez-moi dans PM.

  4. Carroll

    C’est la surprise!

  5. Ronell

    Le blog est tout simplement super, je le recommanderai à mes amis!

  6. Al-Fadee

    Je m'abstiendrai de commentaires.



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