La vogue du daguerréotype en France

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  • Tiens, ma femme, voilà mon portrait au daguerréotype.

    DAUMIER Honoré (1808 - 1879)

  • Papa contemplant l'image de son image.

    DAUMIER Honoré (1808 - 1879)

  • Position réputée la plus commode pour avoir un joli portrait au daguerréotype.

    DAUMIER Honoré (1808 - 1879)

  • Pose de l'homme de la nature, pose de l'homme civilisé.

    DAUMIER Honoré (1808 - 1879)

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Titre : Tiens, ma femme, voilà mon portrait au daguerréotype.

Auteur : DAUMIER Honoré (1808 - 1879)

Date de création : 1846

Date représentée : 1846

Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

Technique et autres indications : Lithographie

Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) site web

Contact copyright : © Cliché Bibliothèque Nationale de France

Référence de l'image : inv. Rés. Dc 180b (t.XXX)

Tiens, ma femme, voilà mon portrait au daguerréotype.

© Cliché Bibliothèque Nationale de France

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Titre : Papa contemplant l'image de son image.

Auteur : DAUMIER Honoré (1808 - 1879)

Date de création : 1846

Date représentée : 1846

Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

Technique et autres indications : Lithographie

Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) site web

Contact copyright : © Cliché Bibliothèque Nationale de France

Référence de l'image : inv. Dc 180b (t.XXX)

Papa contemplant l'image de son image.

© Cliché Bibliothèque Nationale de France

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Titre : Position réputée la plus commode pour avoir un joli portrait au daguerréotype.

Auteur : DAUMIER Honoré (1808 - 1879)

Date de création : 1847

Date représentée : 1847

Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

Technique et autres indications : Lithographie

Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) site web

Contact copyright : © Cliché Bibliothèque Nationale de France

Référence de l'image : inv. Dc 180b (t.XXX)

Position réputée la plus commode pour avoir un joli portrait au daguerréotype.

© Cliché Bibliothèque Nationale de France

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Titre : Pose de l'homme de la nature, pose de l'homme civilisé.

Auteur : DAUMIER Honoré (1808 - 1879)

Date de création : 1853

Date représentée : 1853

Dimensions : Hauteur 0 - Largeur 0

Technique et autres indications : Lithographie

Lieu de Conservation : Bibliothèque nationale de France (Paris) site web

Contact copyright : © Cliché Bibliothèque Nationale de France

Référence de l'image : inv. Dc 180b (t.LI)

Pose de l'homme de la nature, pose de l'homme civilisé.

© Cliché Bibliothèque Nationale de France

Date de publication : octobre 2005

Contexte historique

L’industrie du portrait au daguerréotype

Mis au point en 1839 par Louis-Jacques-Mandé Daguerre (1787-1851), le daguerréotype est un procédé photographique permettant de fixer l’image d’une chambre noire par des moyens chimiques sur une plaque argentée. Parallèlement, la baisse des tarifs des portraits – de 10 à 50 francs en fonction des formats en 1842, de 2 à 20 francs en 1845-1846 – rend l’image photographique accessible à une large couche de la population, tandis que les ateliers multiplient les stratégies commerciales pour séduire de nouveaux publics.

Analyse des images

La « daguerréotypomanie » : un phénomène social

Vers 1845, le portrait au daguerréotype se substitue au portrait peint miniature et devient ainsi un « article parisien » très prisé des provinciaux et des étrangers. Qu’ils soient issus de la bourgeoisie cossue ou des classes moins aisées, ceux-ci se pressaient dans les ateliers de la capitale pour se faire « tirer le portrait » et obtenir ainsi un souvenir d’eux-mêmes ou de leurs proches. Face à cet engouement, de nombreuses voix s’élevèrent pour dénoncer l’aspect matérialiste et mécanique du nouveau procédé, Baudelaire en tête avec la célèbre diatribe qu’il lança en 1859 : « La société immonde se rua comme un seul Narcisse pour contempler sa triviale image sur le métal » (Charles Baudelaire, « Le public moderne et la photographie », Œuvres complètes, Paris, Gallimard, 1977). Autre pourfendeur du daguerréotype, Honoré Daumier (1808-1879), illustrateur-caricaturiste qui connut son heure de gloire sous la monarchie de Juillet et exerça volontiers sa verve aux dépens des « daguerréotypophiles » dans une série de lithographies publiées par le journal satirique Le Charivari autour des années 1850, dont la portée est tout autant antibourgeoise qu’antiphotographique.

Stigmatisant les contraintes techniques du daguerréotype et le manque d’imagination des photographes d’atelier, Daumier se gausse dans cette série des postures ridicules et des réactions naïves des « bons bourgeois » face au nouveau procédé. Ceux-ci sont dépeints dans des situations cocasses, comme dans cette lithographie de 1847 intitulée « Position réputée la plus commode pour avoir un joli portrait au daguerréotype », où la tête du modèle, un bourgeois ventru, est immobilisée par une énorme vis fixée à une planche verticale, pour éviter tout mouvement durant la prise de vue. Cette allusion à la longueur des temps de pose (de 15 à 25 secondes), qui entraînait inévitablement une grande rigidité dans l’attitude du modèle, était l’un des principaux griefs formulés à l’encontre du portrait au daguerréotype. Dans une autre lithographie datée de 1853, « Pose de la nature, pose de l’homme civilisé », Daumier tourne en ridicule le bourgeois préoccupé avant tout de son statut social. Mettant son art au service de la satire, il parvient à créer dans cette série des types universels, grâce à une simplification et à un rendu sur le vif des postures et des expressions.

Interprétation

Le déclin du daguerréotype

D’une grande force expressive, ces virulentes caricatures révèlent un conflit plus profond entre l’art et la photographie, accusée par de nombreux artistes de reproduire de manière triviale la réalité. Au travers de ses dessins, Daumier défend sa propre œuvre de graveur-peintre qui lui permet de croquer l’instantané au vol, à la différence de la photographie qui n’offre que des poses figées et stéréotypées. Ces défauts, dont le daguerréotype ne put jamais se débarrasser, furent à l’origine de sa rapide désaffection, dès les années 1850, au profit de procédés négatifs fondés sur l’emploi du papier (calotype de Talbot dès 1840, albumine sur verre de Niépce de Saint-Victor en 1847, collodion humide de Scott Archer en 1849). Ces nouveaux procédés ouvrirent la voie à un développement considérable de la photographie, car ils offraient l’avantage de pallier les lacunes du daguerréotype, grâce à la réduction des temps d’exposition lors de la prise de vue et à l’utilisation d’un support papier reproductible et peu coûteux, tandis qu’ils traçaient des voies esthétiques neuves.

  • caricature
  • daguerréotype
  • photographie
  • portrait

Bibliographie

Michel FRIZOT (dir.), Nouvelle histoire de la photographie, Paris, Larousse-Adam Biro, 2001.Jean-Claude LEMAGNY et André ROUILLE (dir.), Histoire de la photographie, Paris, Larousse-Bordas, 1998.Le Daguerréotype français.Un objet photographique, catalogue de l’exposition du musée d’Orsay, 13 mai-17 août 2003, Paris, RMN, 2003.Daumier, 1808-1879, catalogue de l’exposition du Grand Palais, 5 octobre 1999-3 janvier 2000, Paris, RMN, 1999.

Pour citer cet article

Charlotte DENOËL, « La vogue du daguerréotype en France »


Video: The Wet Collodion Process


Commentaires:

  1. Deron

    La question est intéressante, je vais également participer à la discussion.

  2. Tuzshura

    pièce très amusante

  3. Varden

    Bien sûr, ne soyez jamais sûr.

  4. Yannic

    Le blog est tout simplement génial, je le recommanderai à tous ceux que je connais !

  5. Macerio

    Hmm ... Chaque abram a son propre programme.



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